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Optimiser une tournée de livraison gratuitement : comment ça marche (et ce que ça ne fait pas)

Vincent Dahmane7 min de lecture

Vous avez dix, vingt ou quarante adresses à enchaîner dans la journée. L’ordre dans lequel vous les avez notées (celui du carnet, du mail client, du tableur) paraît « assez bon ». En pratique, cet ordre croise souvent les trajets : on repasse près d’un point déjà visité, on coupe la ville en diagonale, on allonge la boucle sans s’en rendre compte. Ce n’est pas un défaut de méthode personnelle. C’est un problème classique d’ordonnancement : le même ensemble d’arrêts, mal ou bien enchaînés, ne donne pas la même distance.

Cet article explique le problème avec un exemple simple, ce que propose l’optimiseur de tournée PijassBox, comment le calcul fonctionne sans jargon inutile, et surtout ce que l’outil ne fait pas. Public visé : artisans, livreurs indépendants, tournées associatives ou de visites. Pas de magie, pas de promesse d’optimum absolu.

Pourquoi l’ordre des arrêts change vraiment la facture

Imaginez un dépôt au centre et quatre livraisons aux quatre points cardinaux, chacune à une distance comparable du dépôt. Si vous enchaînez nord → sud → est → ouest, vous traversez le centre plusieurs fois. Si vous tournez autour du dépôt (nord → est → sud → ouest, puis retour), vous évitez ces allers-retours inutiles.

Sur un petit cas, l’écart peut déjà atteindre plusieurs kilomètres et plusieurs dizaines de minutes. Sur une vingtaine d’arrêts en zone urbaine, l’ordre « carnet » versus un ordre réordonné se traduit souvent par un gain de l’ordre de 10 à 30 % sur la distance ou la durée affichée (selon la géographie et le critère choisi). Ce n’est pas une loi physique universelle : c’est l’ordre de grandeur qu’on observe dès qu’on compare le parcours « dans l’ordre de saisie » au parcours proposé par une heuristique sur une vraie matrice routière.

Deux conséquences concrètes :

  1. Temps : moins de kilomètres inutiles, c’est plus de marge pour le dernier client ou pour rentrer à l’heure.
  2. Carburant et CO₂ : la conso suit surtout la distance (et le style de conduite). Réduire le trajet réduit la facture et l’empreinte estimée, même avec une estimation grossière.

L’optimisation de tournée ne remplace pas le jugement du terrain (stationnement, accès, client absent). Elle attaque surtout le coût caché d’un mauvais ordre.

Ce que fait l’outil PijassBox

L’optimiseur de tournée vise ce cas d’usage, sans compte obligatoire, avec un calcul qui se déroule dans le navigateur pour la partie ordonnancement.

En pratique, vous pouvez :

  • Saisir des adresses (suggestions via la Base Adresse Nationale) ou importer un CSV (adresse, complément, poids, volume, créneaux horaires optionnels).
  • Choisir d’optimiser selon la durée ou la distance, avec retour au dépôt ou arrivée libre.
  • Renseigner une heure de départ et une durée d’arrêt moyenne pour obtenir des ETA (heures d’arrivée estimées).
  • Estimer le coût carburant (conso × prix, moyenne France open data préremplie et modifiable) et le CO₂ (facteurs ADEME moyens selon le type de véhicule).
  • Afficher une carte, ouvrir l’itinéraire dans une appli de navigation, et imprimer une feuille de route (cases à cocher, créneaux, ETA).

Plafond produit actuel : 50 arrêts (dépôt inclus). Au-delà, mieux vaut découper en sous-tournées : la limite aligne le confort du service d’itinéraires public (matrice entre tous les points) et l’ergonomie de saisie, pas une fantaisie arbitraire du solveur.

La flotte : plusieurs véhicules, capacités différentes

Quand la liste dépasse ce qu’un seul utilitaire peut porter (poids, volume) ou ce qu’un seul chauffeur peut enchaîner dans la journée, la question n’est plus seulement « dans quel ordre ? » mais « qui livre quoi ? ».

L’outil permet d’ajouter une flotte : chaque véhicule a un libellé et, si besoin, sa propre capacité (kg, litres). Un petit utilitaire et un camion peuvent coexister. Tous partagent le même dépôt pour l’instant. Le calcul répartit les arrêts entre les véhicules, produit une feuille de route par véhicule, et liste clairement les arrêts non planifiables (colis trop gros pour toute la flotte, créneau impossible à tenir avec les durées routières). Rien n’est forcé silencieusement dans une tournée qui violerait capacité ou fenêtre horaire.

Une suggestion de nombre de véhicules peut apparaître à partir des colis et des capacités déclarées : c’est une estimation de charge, pas un planning magique. Vous pouvez l’appliquer ou l’ignorer.

Comment ça marche, en clair

Derrière l’interface, le schéma est simple :

  1. Les adresses sont géocodées (texte → coordonnées).
  2. Une matrice de distances et de durées est demandée entre tous les points (service d’itinéraires routiers open source, quand il est joignable).
  3. Un algorithme réordonne (un véhicule) ou répartit puis réordonne (plusieurs véhicules).

Ce n’est pas un solveur « exact » qui explorerait toutes les permutations. Le nombre d’ordres possibles explose très vite : déjà avec une quinzaine d’arrêts, énumérer toutes les suites devient déraisonnable pour un usage interactif dans le navigateur. On utilise donc une heuristique : une méthode qui construit rapidement une très bonne solution, sans garantir qu’aucune autre ne soit un kilomètre meilleure.

En mono-véhicule : voisinage plus proche puis amélioration locale (échanges de segments). En multi-véhicules : construction par « économies » (réunir deux arrêts dans la même tournée quand cela réduit les allers-retours au dépôt), avec la capacité comme contrainte réelle à l’insertion, puis amélioration route par route. Les créneaux clients, s’ils sont renseignés, sont pris en compte : un conflit restant est affiché, pas balayé sous le tapis.

Le bon compromis pour un artisan ou un livreur n’est en général pas « la preuve mathématique de l’optimum », c’est un ordre nettement meilleur que le carnet, obtenu en quelques secondes, qu’on peut encore ajuster à la main.

Ce que l’outil ne fait pas

Section volontairement sèche, alignée sur le disclaimer de l’outil :

  • Pas de trafic en temps réel. Les durées sont des parcours routiers « moyens ». Embouteillage, travaux, accident : votre appli de navigation reste le juge de paix avant de partir.
  • Pas de suivi GPS live de la flotte, pas de dispatch temps réel type logiciel métier payant.
  • Pas de dépôts séparés par véhicule pour l’instant : un seul point de départ commun à toute la flotte.
  • Pas plus de 50 arrêts dans le produit actuel (voir plus haut).
  • Pas un bilan GES réglementaire ni une facture carburant certifiée : conso saisie × prix, facteurs CO₂ moyens ADEME.
  • Pas la garantie du trajet absolument le plus court : heuristique, pas optimum mathématique.

Si vous avez besoin d’un TMS complet (contrats, facturation, tracking chauffeurs), ce n’est pas le bon outil. Si vous voulez réordonner une liste du jour et imprimer des feuilles, c’en est un.

Confidentialité : ce qui reste local, ce qui part ailleurs

Formulation honnête, sans slogan du type « rien ne quitte jamais l’appareil ».

Reste dans votre navigateur : import CSV, calcul d’ordre / de flotte, ETA, estimations carburant et CO₂, feuille de route, brouillon local (IndexedDB), partage via fragment d’URL (#). PijassBox ne reçoit pas votre liste d’arrêts pour lancer l’optimisation sur ses serveurs.

Part vers des services tiers open source / open data, uniquement le nécessaire à l’itinéraire :

  1. Base Adresse Nationale (api-adresse.data.gouv.fr) : le texte d’adresse pour obtenir latitude / longitude.
  2. OSRM (router.project-osrm.org) : les coordonnées pour la matrice distance / durée et le tracé.
  3. Tuiles OpenStreetMap : pour afficher la carte.

Le prix carburant moyen France est une donnée déjà synchronisée côté PijassBox (requête de tarif, pas l’envoi de votre tournée). Détail aussi dans la FAQ de l’outil.

En résumé

Mal ordonner une tournée coûte cher sans faire de bruit. Un outil gratuit qui géocode, calcule une matrice routière, propose un ordre (ou une répartition multi-véhicules), estime carburant et CO₂, puis imprime une feuille de route, répond à ce besoin précis. Il ne remplace ni le jugement du terrain ni un logiciel métier complet ; il rend visible un gain que l’instinct sous-estime souvent.

Pour l’essayer : optimiseur de tournée sur PijassBox.

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